Un mare en milieu urbain. Crédit photo : Flickr
Le Centre horticole de Montreuil vient de creuser une nouvelle mare. Une initiative locale qui illustre une dynamique régionale plus large pour favoriser la création et la restauration de ces îlots sur le territoire francilien.
Les mares, même de petite taille, sont de véritables réservoirs de biodiversité. La future mare de Montreuil, qui vient d’être creusée, va être remplie d’eau de pluie afin qu’au printemps les jardiniers de la ville puissent y planter certains végétaux aquatiques.
À terme, ce riche espace de biodiversité hébergera des amphibiens, comme des grenouilles et des tritons mais aussi des libellules, des coléoptères aquatiques, de nombreuses plantes hygrophiles et fournira des ressources alimentaires et des sites de reproduction pour oiseaux et insectes. Au-delà de la biodiversité, les mares rendent plusieurs services concrets aux territoires et aux habitants, tels que la régulation hydrologique, l’atténuation des îlots de chaleur urbains et la séquestration du carbone pour lutter contre le changement climatique. Avec la mise en place de ces petits plans d’eau, la municipalité souhaite créer un lieu pédagogique pour les écoles et les habitants.
Des services écosystémiques essentiels
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale, avec le lancement de l’opération « 1 000 mares », par l’Île-de-France, il y a un an. La région la plus urbanisée de France abrite un patrimoine naturel insoupçonné, avec 4 % de son territoire recouvert par ces îlots de biodiversité. Près de 30 000 mares sont réparties entre zones rurales, périurbaines et urbaines. Ces petites étendues d’eau ponctuaient autrefois les paysages, jouant un rôle écologique discret mais essentiel. Elles servaient d’abreuvoirs, de points d’irrigation ou de réserves pour la faune sauvage.
Au fil des années, l’expansion des infrastructures, l’artificialisation des sols et la disparition progressive des pratiques agroécologiques ont entraîné le comblement ou l’abandon de nombreuses mares. La moitié d’entre elles nécessitent, selon la Région, des travaux de restauration, d’où l’objectif d’accompagner fortement les projets. La Région articule l’aide avec des préconisations techniques pour éviter les erreurs fréquentes comme la création de mares trop profondes, mal connectées à leur environnement, ou exposées aux pollutions, et favorise les partenariats locaux.
L’objectif, à terme, est d’assurer que chacune des 1 000 mares fonctionne réellement comme un écosystème et puisse durer dans le temps. La nouvelle mare, creusée au centre horticole de Montreuil, illustre bien cet appel. En milieu urbain dense, même une petite surface d’eau restaurée redonne rapidement un habitat pour la faune et la flore, tout en offrant un lieu d’éducation et de reconnexion des habitants à la nature.






