Photomontage des neuf premières femmes élues dans la circonscription de la Seine.
Il y a 80 ans, 33 femmes entraient pour la première fois à l’Assemblée nationale. Parmi elles, 9 ont été élues à Paris et à la petite couronne. Qui sont-elles ?
Le 21 octobre 1945, les Français·e·s sont appelé·e·s à élire leurs député·e·s pour l’Assemblée constituante, c’est-à-dire celle qui met en place la Constitution de la 4ᵉ République d’une France détruite par la Seconde Guerre mondiale. Parmi les candidat·e·s : des femmes, dont 33 seront élues. Une première pour le Palais Bourbon. Parmi ces pionnières, elles sont neuf à être élues pour la circonscription de la Seine, qui inclut à l’époque Paris et la petite couronne. Qui sont-elles ? On vous les présente.
Marie-Claude Vaillant-Couturier, journaliste résistante

Issue d’une famille bourgeoise et libérale parisienne, elle devient journaliste et participe à une enquête sur le nazisme en 1933. Elle s’engage ensuite dans la jeunesse communiste et devient photographe pour le journal L’Humanité. Au début de l’occupation, elle rentre dans la Résistance, mais est emprisonnée de 1942 jusqu’à la fin de la guerre. Après sa première élection en 1945, elle sera députée pendant 23 ans.
Simone Rollin, vice-présidente du mouvement républicain populaire

Originaire de Charente, c’est en travaillant dans une confection de vêtements qu’elle découvre le syndicalisme et s’engage politiquement. Durant la guerre, elle entre dans la Résistance. À la création en 1944 du mouvement républicain populaire, qui veut regrouper les résistants chrétiens-démocrates et fidèles au Général de Gaulle, elle est élue vice-présidente du parti.
Hélène Solomon-Langevin, résistante abimée par les camps de concentration

Fille d’un homme politique et physicien, elle s’engage au Parti communiste et participe au comité des femmes contre le fascisme à 29 ans. Dès 1940, elle entre en résistance, mais est arrêtée en 1942 et est envoyée dans de nombreux camps de concentration. Des internements qui auront des séquelles, puisqu’elle devra mettre un terme à son mandat après un an, car sa santé se dégrade trop.
Francine Lefebvre, ouvrière à l’Assemblée

Originaire du Rhône, elle devient ouvrière de l’industrie du chocolat en Île-de-France. Troisième de la liste du mouvement républicain populaire, elle représente la branche gauche du parti. Elle sera députée pendant 13 ans.
Solange Lamblin, chrétienne démocrate

Originaire du Nord, elle rejoint à 30 ans la section féminine du Parti démocrate populaire, de tendance chrétien-démocrate. Quand en 1944 ce parti est dissous, elle rejoint le MRP et devient députée durant quatre ans.
Madeleine Braun, pacifiste et antifasciste

Issue d’une famille bourgeoise, elle fait ses études à Paris. Très rapidement, elle s’engage contre le fascisme et contre la guerre en étant membre du comité directeur du mouvement Amsterdam-Pleyel en 1932. Au début de la guerre en France, elle fonde un front de résistance (Front national) dans le sud. En 1942, elle adhère au Parti communiste. À la fin de la guerre, elle sera députée cinq ans.
Jeannette Vermeersch, communiste à 17 ans

Née de parents ouvriers, elle commence à travailler dès 11 ans. À 17 ans, elle s’intéresse au syndicalisme et adhère au Parti communiste. Elle se rend en URSS contre l’avis de ses parents avec un faux passeport à 19 ans. Elle participe en 1936 à la création d’un réseau de solidarité pour les républicains espagnols, victimes du franquisme. Pendant la guerre, elle se réfugie à Moscou. À son retour en France, elle est élue et reste députée durant 13 ans.
Rose Guérin, communiste de père en fille

Élevée dans la culture communiste, elle est membre de la CGT et du Parti communiste à 22 ans. Elle devient membre de la direction de la section française du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. Son engagement dans la Résistance la fait interner à Fresne puis à Ravensbrück jusqu’en 1945. Après son élection à l’Assemblée constituante, elle restera députée pendant toute la 4ᵉ République.
Denise Ginollin, celle qui a échappé à la peine de mort

Née dans le 12ᵉ arrondissement, elle fait des études de sténodactylo qui lui permettent en 1935 de travailler pour les Jeunesses communistes où elle s’engage. L’année suivante, elle devient secrétaire de section. Elle prend part à la résistance et devient responsable nationale de la propagande chez les femmes. Elle est arrêtée et condamnée à mort par l’Allemagne, mais est commuée. À son retour en France, elle est élue pour l’assemblée constituante.






