Une vingtaine de militants ont critiqué la présence de l’Armée de terre, ce jeudi 23 octobre 2025. Photo Lucas Ciaravola
L’Armée de terre participait à un forum de l’emploi, dans le 15ème arrondissement de Paris, jeudi 23 octobre. Leur présence a déclenché la colère des syndicats et partis politiques de gauche. Le but : dénoncer l’importance accordée au secteur militaire, au détriment d’autres.
« Nos enfants ne sont pas les soldats de Macron ! », scandent plusieurs voix. Le ton est donné d’emblée, ce jeudi 23 octobre 2025. Une vingtaine de personnes se sont rassemblées dans le 15ème arrondissement de Paris. Elles s’opposent à la tenue d’un forum des métiers, qui se déroule à l’intérieur de la mairie. Le lieu est protégé par une dizaine de policiers alignés. Dans la quarantaine de partenaires invités par France Travail, qui organise l’évènement, la présence de l’Armée de terre ulcère. De multiples slogans hostiles aux militaires en témoignent. « L’Armée ça tue et ça pollue ! », « De l’argent pour nos salaires, pas pour la guerre ! », a-t-on entendu. « Nos vies valent mieux que leur guerre ! », martèle le collectif des Mères isolée. C’est lui qui a organisé cette manifestation. Ces militants politiques, syndicaux ou apartisans avaient rendez-vous devant la mairie à 13h30.
2 843 euros de salaire promis
Dans ce groupe, remonté plus largement contre la politique macroniste, les profils sont variés. En recherche d’emploi, Mina décide de prendre la parole publiquement. Après avoir passé cinq ans en pharmacie, elle souhaite se reconvertir. La trentenaire dénonce du harcèlement administratif de sa part. « J’ai reçu trois convocations en un mois et demi », souligne-t-elle, habillée d’un pull rouge, lunettes sur le nez. On lui propose notamment des postes dans l’Armée, avec, à la clef, un salaire alléchant de 2 843 euros, en province. Le logement serait même pris en charge par l’Armée. Avec la précarisation du marché de l’emploi, cette militante de La France Insoumise s’interroge. Comment ne pas céder à la tentation avec la promesse d’un train de vie confortable ?

La gronde est d’autant plus forte avec l’« austérité budgétaire », imposée par le Gouvernement. « On enlève de l’argent à tout le monde, sauf à la police et à l’armée », s’indigne Alexis, adhérent à la CGT Chômeurs précaires, vêtu d’un long manteau noir. Marie-France, militante chez La France Insoumise, dénonce quant à elle le « budget colossal » dédié à l’armement. Et ces investissements financiers massifs se font « au détriment du reste », assure-t-elle vêtue d’un pull vert et maquillée aux lèvres. « L’hôpital et la santé souffrent », s’exaspère Ismaël, faisant aussi partie de la CGT. « Pour Emmanuel Macron, nous sommes de la chair à canon », souffle le vingtenaire. Pour 2025, le budget des armées s’élève 50, 5 milliards d’euros. Il était de 32 milliards d’euros en 2017, d’après Public Sénat. Pour comparaison, les dépenses de santé ont été réduites de 72,1 milliards d’euros, pour la même période, passant de 265,4 milliards à 193,3 milliards d’euros.
Une guerre à court terme ?
Hasard du calendrier, le chef d’État-major de l’armée a indiqué, la veille de la mobilisation, qu’il fallait se préparer « à un choc » dans les trois ou quatre prochaines années, face à la Russie. « Ce sont nos jeunes de Périchaux [un quartier populaire de Paris, NDLR] qui seront envoyés sur le front en Ukraine [en cas de conflit ouvert], pas ceux privilégiés du 16ème arrondissement », fustige une manifestante. Pour d’autres protestataires, une seule solution s’impose pour arrêter le Gouvernement : « la lutte des classes ». Contactés par la Gazette des faubourgs, France Travail et le service communication de l’Armée n’ont pas donné suite à nos sollicitations.






