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Les Mutuelles Municipales : un levier local pour un accès à la santé plus équitable

Partout, les municipalités s’engagent dans la mise en place d’une mutuelle communale, une complémentaire santé négociée par la mairie au bénéfice de ses habitants.. Crédit : Pexels

Partout, les municipalités s’engagent dans la mise en place d’une mutuelle communale. Crédit : Pexels

Face à la flambée du coût des soins et à la difficulté croissante de souscrire une complémentaire santé abordable, de plus en plus de communes prennent l’initiative de créer une mutuelle communale. Une dynamique locale qui illustre leur volonté de réduire les inégalités d’accès aux soins.

Puteaux depuis 2016, Nogent-sur-Marne depuis 2019, Le Kremlin-Bicêtre et Le Pré-Saint-Gervais depuis 2021, Aubervilliers en 2022, Les Lilas en 2023, Saint-Mandé en 2024, puis, depuis 2025, Saint-Ouen-sur-Seine, Gentilly, Saint-Maurice, L’Île-Saint-Denis et Suresnes.. Partout, les municipalités s’engagent dans la mise en place d’une mutuelle communale, une complémentaire santé négociée par la mairie au bénéfice de ses habitants.

Concrètement, la collectivité sélectionne un ou plusieurs organismes mutualistes à l’issue d’un appel à projets. Ces derniers proposent ensuite des contrats à tarifs préférentiels, sans condition d’âge, de revenu ou de statut professionnel. Une manière de soutenir les personnes exclues des dispositifs collectifs tels que les retraités, chômeurs, indépendants et étudiants, alors que, selon une enquête de la Mutualité française en 2025, les tarifs des contrats individuels ont bondi de 27,4 % en cinq ans.

Des économies réelles pour les habitants

Le principe repose sur la mutualisation des risques à l’échelle communale. Plus le nombre d’adhérents augmente, plus les tarifs baissent. En moyenne, les réductions varient de 10 à 30 % par rapport à une mutuelle classique. À Montreuil, première ville de plus de 100 000 habitants à lancer le dispositif en 2018 après avoir mené un questionnaire, près de 3 300 personnes étaient couvertes en 2022, sans compter les 1 330 agents municipaux et leurs proches.

« Notre objectif, c’est vraiment de lutter contre le non-recours aux soins. » Olivier Madaule, adjoint délégué à la santé de Montreuil

À Gentilly, à l’instar de Montreuil, la démarche a débuté par une consultation citoyenne. Entre février et mars 2025, plus de 450 habitants ont répondu à un questionnaire. 98 % soutiennent la création d’une mutuelle communale. « 90 % des répondants ont déjà une complémentaire santé, mais 78 % estiment leur cotisation trop chère », explique la Ville, qui a depuis conclu un partenariat avec La Mutuelle Familiale, concrétisé le 26 juin dernier.

Une tendance nationale

Les retours sont concrets. En début d’année, Danielle, 81 ans, habitante de Fontenay-sous-Bois, confiait au Parisien ne pas avoir hésité : « pour la même couverture, je paye 112 euros au lieu de 270. » En 2023, Olivier Madaule, adjoint délégué à la santé de Montreuil se félicitait des résultats, « un tiers des personnes protégées n’avaient pas de mutuelle avant ça, affirmait-il. Notre objectif, c’est vraiment de lutter contre le non-recours aux soins. »

Selon la Fédération nationale de la Mutualité française, plus de 10 000 communes seraient désormais couvertes par une mutuelle locale. Le mouvement, initié en 2013 à Caumont-sur-Durance (Vaucluse), s’est d’abord développé dans les territoires ruraux avant de gagner les grandes agglomérations. En moyenne, l’économie réalisée atteint 10 à 15 %, même si des ajustements tarifaires interviennent parfois après deux ou trois ans pour maintenir l’équilibre financier. Malgré ces initiatives, 4 % des Français restent aujourd’hui sans mutuelle.

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