La friperie « Les Salles Voleurs » à Paris. Crédit photo : Aaricia Silvestre
Dans l’univers impitoyable des fripes parisiennes, Les Sales Voleurs fait sensation avec un concept audacieux : s’habiller pour moins d’un euro. Chaque jeudi, la friperie attire curieux et chineurs en quête de bonnes affaires. Un pari original dans un milieu où les friperies redoublent d’imagination pour se démarquer. Reportage.
Composer une tenue complète pour le prix d’un kebab. La promesse a de quoi intriguer. C’est celle que fait la friperie Les Sales Voleurs. Installée dans le XXᵉ arrondissement de Paris, à quelques pas du métro Buzenval, la boutique a été imaginée par Aniss Messadek, déjà connu pour ses restaurants Mangez et cassez-vous. Son idée avec la friperie Les Sales Voleurs est simple : appliquer des prix dégressifs aux vêtements de seconde main. Les articles sont à 4,50 € le dimanche, jour d’arrivage, puis baissent chaque jour jusqu’au jeudi, où tout est à 0,95 €. Un système ludique, qui donne à la fripe un goût de chasse au trésor.
« Le jeudi, c’est la guerre ! »
De l’extérieur, la boutique ne paie pas de mine. Une façade sobre, une vitrine discrète. Mais une fois la porte franchie, c’est un autre monde. L’endroit s’étire en longueur, étroit comme un couloir, avec un décor qui évoque une ancienne banque. Le lieu déborde d’énergie et de trouvailles. Les portants laissent place à des bacs argentés remplis à ras bord. Les chemises satinées, jeans bootcut, T-shirts, blazers, bérets, tous les articles s’y entassent… Il faut fouiller, plonger les mains, trier, presque se battre.
« Le jeudi, c’est la guerre ! », lance Sadia, vendeuse et caissière, hilare. Car ce jour-là, tout passe à 0,95 €. L’ambiance est électrique, les clients se pressent dans les allées étroites. À l’entrée, une table déborde de cravates, chapeaux et foulards. Dans un coin, une jeune fille observe ses trouvailles. « C’est hyper satisfaisant de chiner », confie Lola, 16 ans, habituée des friperies. « Quand je porte certaines pièces, je repense à la manière dont je les ai dénichées. Ça fait des souvenirs surtout pour moi parce que j’en ai fait, des fripes à Paris ! »
La seconde main se décline sous toutes ses formes
Les Sales Voleurs font partie d’un écosystème de friperies parisiennes, où chacune tente de tirer son épingle du jeu. Certaines misent sur le poids comme Kiloshop, d’autres sur les marques de luxe comme Bimbo Vintage Club ou encore Bleu Velours Vintage, d’autres encore sur la déco ou les pièces de créateurs. Il y a des fripes pour les amateurs de fourrure à petit prix, pour les fans de looks de série télé, pour ceux qui aiment la brocante chic ou le streetwear rétro et même pour les enfants. Autant de niches différentes qui prouvent qu’à Paris, la seconde main se décline sous toutes les formes.
Chez Les Sales Voleurs, le parti pris est clair : des prix bas et le choix pour les clients qui peuvent venir selon leurs envies et leur budget. Le dimanche, jour d’arrivage, les vêtements sont à 4,95 €. Il y a plus de choix et moins de monde contrairement au jeudi, où tout passe à moins d’un euro. Plus de monde, moins de choix, mais l’opportunité de dénicher la perle rare au plus bas prix.
Autre stratégie originale pour se démarquer, Les Sales Voleurs organise des jeux concours. Sadia, la vendeuse, propose aux clients d’y participer pour tenter de gagner une voiture. Elle explique que tous les détails se trouvent sur le compte Instagram de la boutique et précise les conditions derrière sa caisse. Pour s’inscrire, les participants doivent fournir leur nom, prénom, numéro de téléphone et adresse mail. Des informations que la friperie enregistre dans sa base de données. De plus, pour valider leur participation, les clients doivent s’abonner au compte Instagram de la friperie. Cette méthode permet non seulement de fidéliser la clientèle, mais aussi de renforcer la popularité de l’enseigne sur les réseaux sociaux.
Bref, dans la capitale de la mode, entre prix dégressifs et marques de luxe, il faut toujours avoir un coup d’avance sur la concurrence, histoire de suivre la cadence.






